Article Littoral-Région

L’hebdomadaire Littoral-Région du 23 juin 2017 publie un grand article de Nadja Hofmann dédié au cours pour les juniors du CNB
(texte de l’article transcrit plus bas):


Littoral RÉGION
ÉDITION DU 23 JUIN 2017 | N°4557 | 92e ANNÉE | 12 PAGES

BEVAIX

Toutes voiles dehors pour les juniors

Le club nautique de Bevaix (CNB) donne des leçons de voile à des juniors de la région. Reportage sur le lac de Neuchâtel avec ces jeunes «dans le vent».

En ce jeudi en fin d’après-midi, Chloé, 11 ans, Thalia, 12 ans, et Loïc et Victor 9 ans, s’apprêtent à aller faire de la voile sur le lac. Première étape, préparer les RS Feva en hissant notamment les voiles. «C’est un bateau qui se navigue en double», précise Vincent Huguenin, leur moniteur et accessoirement père de deux des navigateurs en herbe. Les juniors naviguent parfois en Optimist – de petits voiliers solitaires conçus pour les enfants – ou en Feva – prévus pour des enfants âgés entre 13 et 16 ans. C’est cette dernière option qu’ils ont choisie ce jour-là. Equipés d’une combinaison et d’un gilet de sauvetage, les 4 juniors du CNB se dirigent vers la rampe de mise à l’eau du port de Bevaix. «Notre club a pour but d’apprendre à naviguer et à avoir du plaisir sur le lac. Nous n’avons pas vocation de régater, d’autant plus que nous n’avons pas une structure de compétition», indique Moreno Bourquin, le président du club. Ce qui n’empêche pas le CNB d’avoir formé de jeunes champions: issus du mouvement junior, Robin Maeder et Félicien Ischer ont gagné le Bol d’Or Mirabaud 2016 à la plus prestigieuse régate du lac Léman (en catégorie C1 qui regroupe les petits catamarans de sport de 18 à 21 pieds). Le CNB compte actuellement 25 juniors, dont une grande partie prend des cours le mercredi après-midi avec des bénévole du club. «Nous fonctionnons avec un système de bénévolat. Les parents sont très impliqués. Certains d’entre eux accompagnent les moniteurs sur le bateau durant les cours car la règle est la suivante: il faut deux adultes pour 6 enfants, dont un moniteur», explique Philippe Henry, coordinateur et responsable des cours juniors du CNB depuis 4 ans. Retraités, parents et anciens juniors du club donnent de leur temps pour permettre aux plus jeunes de s’aguerrir sur l’eau. «C’est intergénérationnel.»

Confrontés aux éléments

Avec une cotisation annuelle de 60 francs, et 120 francs pour les cours qui ont lieu de mai à septembre, ce sport est accessible à tous. Mais la plupart des jeunes ne sont pas là par hasard. «Mon père a un bateau, depuis toute petite j’ai toujours été sur l’eau», confie Nina 17 ans, junior du CNB.

Thalia, elle, est arrivée au club par le biais de sa copine Chloé, qui n’est autre que la fille de Vincent Huguenin. Les deux amies prennent des cours de voile depuis déjà 5 ans. Autant dire que sur le lac elles sont dans leur élément. Y compris avec un vent de force 4 comme c’est le cas ce jour-là. Le temps est à l’orage, et le lac relativement agité. Je monte à bord du bateau à moteur conduit par Vincent Huguenin qui a participé à un grand nombre de championnats du monde avec notamment un titre mondial en 2011 à San Francisco. L’accompagnante du jour n’est autre que son épouse Fabienne, et maman de Loïc et Chloé. «On fait un tournus avec le papa de Victor et la maman de Thalia.»

Comme le berger avec ses moutons

Les deux filles sur leur voilier d’un côté, et les garçons de l’autre, Vincent a fort à faire. «Je suis comme le berger avec ses moutons, je dois sans cesse les rassembler.» Avec le vent dans leurs voiles, les 4 jeunes sont directement confrontés à l’élément air et leur embarcation glisse sur les flots. «On choque les gars!» Penchés fortement en arrière, les deux jeunes garçons affrontent courageusement la «tempête». Notre bateau à moteur change de cap pour se rapprocher des deux adolescentes. «Hé les filles, on borde!», crie leur moniteur pour se faire entendre. Virer, abattre, border, choquer, si ces termes me sont inconnus ils ne le sont visiblement pas pour les élèves du jour qui sont affairés sur leur coque.
«Vous vous sentez prêt à mettre le spi?» Le Spinnaker est une voile d’avant, qui ressemble à un parachute, et qui donne de la puissance au voilier aux allures portantes. Les jeunes filles semblent ravies de pouvoir mettre la barre plus haut. «Allez-y doucement. Chloé tire sur la corde!» Malgré de gros efforts, il semble que le spi soit bloqué. «Ne bougez pas, j’arrive!» Tel David Hasselhof dans «Alerte à Malibu», ou mieux, James Bond en pleine scène d’action sur les mers, Vincent se rapproche de la coque des jeunes filles et saute à bord de leur voilier. L’opération sauvetage est réussie: les navigatrices peuvent reprendre leur périple et hisser haut leur spi. Fortement penchées en arrière, les pieds fixés sous des sangles, elles tentent de garder le cap. L’embarcation semble sur le point de se renverser, mais les filles tiennent bon. «Il arrive qu’on chavire parfois. Les jeunes apprennent à redresser la coque qui est à l’envers et à grimper dessus.» Direction les deux matelots d’eau douce qui se sont bien éloignés de la berge. «Les gars, on vire!» A leur tour, les garçons tentent de sortir le spi. Quand la magnifique toile violette se gonfle, telle une montgolfière, l’embarcation prend des allures de bateau de course. «C’est bien les gars, je suis fier de vous!» Retour vers les filles. En voulant glisser vers l’avant pour une manœuvre, Thalia se retrouve tête la première dans l’eau. En navigatrice chevronnée, elle remonte prestement sur le voilier. A voir ces quatre juniors se démener face aux éléments, je comprends mieux ce que voulait dire le président du club en parlant de sport difficile et très complet. Comme il me l’expliquait avant le cours: «La voile demande beaucoup de compétences, dont la représentation dans l’espace. C’est un apprentissage de différentes compétences.» Pas de doute, c’est effectivement très physique et très exigeant!

Transmettre sa passion

Le vent semble avoir un peu faibli, mais pas les forces de Vincent qui continue à donner de la tête sur tous les fronts en donnant des indications aux jeunes navigateurs. «C’est ça qui est génial avec la voile: on apprend toute sa vie», glisse le moniteur, visiblement aussi grisé que ses élèves.

Il est temps de rentrer au port. Avant de mettre les embarcations dans l’abri du club, derrière la Trinquette, il faut ranger les voiles et rebâcher les embarcations. Tout le monde s’active. «C’est un immense plaisir pour moi de voir leur sourire et de pouvoir leur transmettre ma passion. Ils s’en sont très bien tirés, je suis très fier d’eux», confie Vincent. «C’est cool, on a failli chavirer, crâne Loïc. «Avec le vent c’était trop bien», ajoute Victor. Au moment du débriefing, les filles sont tout aussi enthousiastes. «On aime naviguer quand le vent est fort. C’est top.»
Nadja Hofmann

UN ANCIEN OFFICE POSTAL

Le club house du club nautique de Bevaix a été inauguré en juillet 1995. Cette maisonette en bois située sur un bout de terre de 300 m2 au port de Bevaix, sur un terrain communal, a une histoire un peu particulière puisqu’il s’agit d’une ancienne maisonnette PTT. Après avoir officié durant 15 ans à Hettlingen (canton de Zurich), la structure en bois a été en partie démontée et transportée jusqu’à Bevaix avant d’être reconstruite sur des socles de béton. Ce sont les membres du club qui ont réalisés les travaux de finition. Equipée d’une cuisinette, de WC et de deux douches, et d’une salle pouvant accueillir environ 70 personnes, cette cabane sert notamment à abriter les cours de théorie et les événements du CNB. (NH)

Championnat européen RS Féva 2017 à Versoix

Pour la première fois de leur jeune vie de régatier, Eliot Frei et Axel Bart sont allés affronter le gotha international de la série.
C’était un peu gros de commencer par le plus difficile, car ils ne se sont jamais confrontés à d’autres équipages que ceux du CNB.

Arrivée  de Eliot et Axel au 20éme rang

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Il n’y a pas d’âge pour commencer

Bravo à la paire Alain et Dominique qui se sont lancés à l’assaut des 100 miles d’Estavayer. Pour une première c’est réussi.
Il fallait de la ténacité, du courage pour se lancer dans la course alors que la tempête de calme menaçait.
Ils ont été récompensés car leur final d’enfer valait la peine d’être vécu.
Alors qu’ils sont depuis déjà longtemps à la retraite , ils n’ont pas eu peur de boucler leur première régate en catamaran Hobie Cat 21. Et avec quel enthousiasme s’il vous plaît. Des exemples à suivre !
Bravo à tous deux qui avez si bien mis en pratique les conseils de l’entraîneur Mister Robin.

Moreno